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PÊCHE A LA MOUCHE

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LA PECHE A LA MOUCHE

C’est un mode de pêche qui a fait et fera encore couler beaucoup d’encre.

Pourtant, quoi de plus simple . Dans son principe, elle ne nécessite qu’une canne, une ligne est une mouche et cela suffit à tromper (parfois) le poisson. Et pourtant …

C’est un mode de pêche qui s’est fortement démocratisé au cours des 40 dernières années et c’est tant mieux.

Elle a longtemps été considérée comme la pêche des snobs et des chapeaux à plumes . Il est vrai que le prix du matériel était prohibitif et l’achat d’une canne en bambou refendu n’était pas à la portée de toutes les bourses et le prix d’une soie n’était pas non plus des plus bon marché.

L’évolution des matériaux (fibre de verre creux, métal et fibre de carbone) a largement contribué à la démocratisation de cette pêche et l’a mise à la portée de tous.

Cela a également favorisé sa démystification et ramené le lancer à un acte technique qui s’apprend et qui n’est pas le fait de virtuoses même si certains se plaisent à entretenir le coté magique du geste : ainsi, le film » A River Runs Through It «  (et au milieu coule une rivière) a largement contribué à exacerber le coté magique de cette pêche (quand on voit le film, on se demande à quel moment le truite à eu le temps de prendre la mouche, les séquences étant essentiellement consacrées au geste (superbe) du lancer.

Les poissons concernés :

Compte tenu de l’évolution des matériels (cannes et lignes) pratiquement tous les poissons peuvent être pêchés « à la mouche » même si pour cela on est bien loin des principes de base.

En règle générale, les poissons de l’Orne qui intéresseront le pêcheur à la mouche seront en priorité les salmonidés (truites, truites de mer ) et les cyprinidés mangeurs d’insectes (ils le sont tous) tels chevesnes, vandoises, rotengles et autres ablettes. Le brochet pourra être tenté avec succès sur certaines zones de l’Orne et, bien sûr, dans les marais.

Cela dit, tous les poissons peuvent être pêchés (avec des résultats très mitigés) mais il faudra quand même éviter de tomber dans certains excès … du genre pêche de la carpe ou de la brème à la mouche … même si encore une fois, tout est possible.

Le matériel :

La canne :

Préambule : par simplification, il ne sera question ici que des cannes dites à une main essentiellement utiles et utilisées sur nos rivières même si une canne à deux main peut être utile sur certaines portions de rivière et selon le poisson recherché.

La fibre de carbone est reine . Même si certains peuvent être nostalgiques « du bon vieux bambou refendu », il suffit de se promener le long des rivières pour constater que tous les pêcheurs se sont mis au carbone et ont remisé la canne en bambou refendu au musée. Cela ne retire rien à ces cannes qui sont de réelles œuvres d’art et qui sont encore fabriquées par des artisans-artistes mais les faits sont là : le carbone est d’une manière générale plus facile d’usage et il est très difficile de revenir au bambou refendu sans risquer d’endommager le matériel : on s’habitue au carbone et il faut éviter de demander les mêmes performances au bambou qui est plus lourd et moins rapide.

En matière de pêche à la mouche, l’empreinte de nos amis Anglais est très forte .

La canne se mesure donc en pieds (feet) qui se décline lui même en inches.. Ainsi, un pied (foot) mesure 30,5 cm et le pouce (inch) mesure 2,54 cm . Il faut donc 12 pouces pour faire un pied.

Ne soyez donc pas surpris si, ayant acquis une canne de 8’5  » pieds elle ne mesure pas (30,5×8 + ½ pieds soit 15,2 cm soit environ 2,59 mètres) mais seulement (8×30,5 + 5×2,54 soit environ 253 cm : d’accord, c’est du détail mais il est bon de le savoir.

La canne à mouche peut avoir une force allant de 2 à 12 selon le poisson recherché.

Jusqu’à 6 il s’agit de cannes destinées à la pêche de poissons moyens : truites, cyprinidés.

De 7 à 9, le pêcheur s’adressera à de plus gros poissons (truite de mer saumons d’été, brochets)

Au delà, il s’agit de cannes spéciales destinées à des pêches particulières : pêche en mer ou pêche de gros poissons tels saumons du pacifique ou taïmen. Ces cannes étaient beaucoup utilisées outre-atlantique où les cannes à deux main d’égale puissance étaient ignorées (voire méprisées) mais depuis quelques années les choses sont en train de changer.

Sur l’Orne, une canne de puissance 4 à 7 fera parfaitement l’affaire.

Quelle longueur ?

Cela dépend de la rivière pêchée et … du pêcheur. Certains préféreront pêcher les petites rivières et les ruisseaux avec de petites cannes (6 à 8 pieds) d’autres les pêcheront avec une canne plus longue (8 voire 9 pieds) avec des arguments justifiant leur choix . Difficile de donner un conseil judicieux. Une chose est sûre cependant : plus la rivière sera large et puissante et plus une grande canne (10 voire 11 pieds) sera nécessaire.

Le moulinet :







C’est une pièce importante du matériel car il a deux fonctions fondamentales . Il peut être automatique ou manuel cette dernière version étant préférable si vous vous attaquez à de gros poissons.

D’abord il doit pouvoir contenir la soie sans frottement ainsi qu’une réserve de fil suffisante pour laisser partir un gros poisson et le ramener sans risquer de perdre la ligne (ça arrive) : cette réserve s’appelle le backing et doit au moins faire une trentaine de mètre.

C’est aussi le moulinet qui contribue à l’équilibre de la canne et doit normalement amener le centre de gravité de l’ensemble au niveau de la poignée.

La soie ou la ligne :

Initialement, la ligne s’appelait « soie » car, comme son nom l’indique, elle était en soie naturelle apprêtée dans des bains d’huile de lin et de siccatif (à la composition secrète) .

L’usage de cette soie nécessitait un graissage qui se faisant avant et au cours de chaque session de pêche. Généralement, la soie était graissée avec de la vaseline et l’opération devait être renouvelée au cours de la pêche et bien sûr, souvent au moment fatidique des éclosions.

Comme pour les cannes, l’évolution des matériels a été spectaculaire et, hormis un entretien annuel et léger de la ligne, il n’est plus besoin de ces travaux préparatoires.

On trouve maintenant sur le marché toutes les lignes possibles et imaginables pour satisfaire les pêcheurs les plus exigeants.

Les lignes ont une puissance gradée comme les cannes et vont de la même manière de 2 à 12 pour les cannes à une main.

Sans entrer trop dans les détails, les lignes sont également cotée selon leur forme et l’action de pêche recherchée.

Les principales caractéristiques concernent, outre la force, la répartition du poids de la ligne et aussi sa capacité à flotter, à couler lentement ou à couler.

Pour simplifier les choses, ces caractéristiques sont en langue anglaise. Mais au final, il est assez facile d’y voir clair. Ainsi, quand vous allez acheter votre ligne, il faudra qu’elle corresponde à la puissance de votre canne (c’est indispensable ). Il faudra ensuite que vous sachiez si vous souhaitez une ligne flottante (pêche en mouche sèche et noyée dans la pellicule) ou une ligne intermédiaire ou plongeante sachant qu’il existe également des lignes flottantes avec une pointe plongeante .

Pour résumer :

Un ligne dont le poids est également répartit et qui a la forme d’un fuseau sera une DT (double tapper) . Cette ligne est réversible.

Une ligne dont le poids est décalé vers l’avant (dite fuseau décalé) sera une WF ( Weight-Forward) Elle n’est pas réversible mais est très conseillée pour pêcher les rivières soumises au vent.

Une ligne flottante sera codifiée F (flotting)

Une ligne qui coule plus ou moins lentement sera codifiée I (intermédiaire) suivi d’un numéro qualifiant la rapidité à laquelle elle coule.

Une ligne plongeante sera codifiée S (sinking). Ces lignes sont plus ou moins plongeantes et sont affectées d’un numéro : plus il est élevé et plus la ligne coule rapidement.

Une ligne comportant une pointe plongeante sera codifiée F/S.

Exemples :

Une ligne codifiée DT 6 F est une ligne double fuseau de force 6 flottante (idéale pour la pêche en sèche notamment)

Une ligne codifiée WF 8 I est une ligne à fuseau décalé de force 8 intermédiaire (parfaite pour la truite de mer ou le saumon d’été par exemple)

Il est indispensable d’être bien conseillé pour effectuer ce type d’acquisition et ne pas se tromper.

Le bas de ligne polydeader :

C’est le prolongement de la ligne . Il est possible de s’en passer mais il prolonge idéalement la ligne et complète parfaitement une ligne flottante et peu la transformer au besoin en pointe plongeante dans sa version sinking.

Les polyleaders se déclinent en plusieurs longueurs (généralement 5 ou 10 pieds) et dans toute la gamme allant du flotting » au superfast sinking en passant par le slow sinking.

Le bas de ligne proprement dit :

C’est le morceau de fil qui termine l’ensemble et auquel la mouche est attachée.

Son diamètre et sa longueur varient selon le mode de pêche et le poisson recherché ; Il sera relativement cours sur une ligne plongeant et pourra être beaucoup plus long sur une ligne flottante ou intermédiaire : la aussi il y a quelques règles de base à respecter mais tout est ensuite permis.

Concernant le diamètre, il ne faut pas trop descendre en diamètre lorsque l’on débute : les mouches se perdent avec une facilité déconcertante …

Voilà les premières bases posées et seront certainement matière à interrogations et à discussion.

S’il y a une règle d’or à retenir :

Il faut absolument que l’ensemble canne / ligne soit en adéquation : pas besoin de matériel très onéreux s’il est bien équilibré. Le reste viendra ensuite.

Les modes de pêche (sèche, noyée, nymphe) n’ont pas été abordés.

Les mouches n’ont pas été évoquées non plus et peuvent faire l’objet de discussions intéressantes mais sans fin …

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